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"Dialogue avec mon jardinier" et autres réflexions en note verte

Vert A la vision de presse de Dialogue avec mon jardinier, un excellent confrère et ami a ricané quelque chose sur "L'Homme qui murmure à l'oreille des navets"... On a bien rigolé, et ce n'est même pas méchant, car avec cet effroyable machin, Jean Becker finit de s'abîmer dans la plate-bande de médiocrité qu'il bine laborieusement depuis des années. On dirait un film de propagande pour la France rurale d'autrefois conçu par un atelier de limaces.

Dans cet aggiornamento du Rat des Villes et du Rat des Champs, un peintre parisien (Auteuil, qui se demande ce qu'il est venu faire dans cette gadoue) retourne dans la maison de son enfance. Il convoque un jardinier (Darroussin qui se demande ce qu'il est venu faire dans ce bourbier) pour qu'il lui retourne un carré de légumes. Le peintre s'est naturellement perverti au contact de la ville tandis que son copain d'enfance a su rester simple et attaché aux vraies valeurs de la vraie vie parmi les choses simples et vraies de la campagne. Un puits de sagesse, que cet homme rugueux avec un coeur en or, pauvre mais fier, humble mais heureux. Malheureusement atteint d'un cancer, il réussit à léguer au peintre un trésor de sagesse qui tient en quelques mots: il faut toujours avoir un canif et un bout de ficelle sur soi. Avec ce viatique, Dupinceau retrouve l'inspiration et peint des potirons, des aubergines, des carottes...

On pourrait rire encore longtemps de ce dialogue ville-campagne nord-sud, et de Sarkozy pour faire rire les jolies filles et se faire traiter encore de vieux stal' , mais il est tard, Monsieur, il est temps de se mettre au vert...

On se retrouve en juillet?

Jean-Claude Brialy

Beauserge On dit que Thierry Le Luron (cela ne nous rajeunit guère) l'avait surnommé "La mère Lachaise", parce que Jean-Claude Brialy s'était imposé comme nécrologue officiel du royaume de France. C'est lui qui officiait aux obituaires du PAF, c'est lui qui allait jouer du trémolo chez Michel Drucker, et pour finir, elle la rattrapé, la Gueuse: l'exquis dandy s'en est allé, à 74 ans, et on mesure son absence en regrettant tout ce qu'il aurait pu nous dire sur lui, avec esprit, ironie et une touche de méchanceté sans doute. Et il ne faut pas compter sur Claude Chabrol, qui lui a donné son premier grand rôle au cinéma dans Le beau Serge (1958, avec Bernadette Lafont), pour jouer du violon: "Comprenez-moi, ce n'est pas dans mes habitudes de réagir au décès d'un proche, d'un ami", déclare-t-il à Libération.

Compagnon de la nouvelle vague, Brialy a été de toutes les aventures, Les 400 coups de Truffaut, Les Cousins de Chabrol, Une femme est une femme, de Godard, et plus tard Le Genou de Claire, de Rohmer. Il était l'incarnation de la jeunesse, de la légèreté, opposée aux monstres sacrés du cinéma populaire. Promis à un grand avenir, il s'est un peu perdu en chemin, il s'est dispersé. Il a multiplié les seconds rôles dans des produits de cinéma et de télévision (music hall avec Brialy's Follies, série avec Arsène Lupin) qui ne resteront pas dans les mémoires, et même passé derrière la caméra pour de tièdes adaptations de la Comtesse de Ségur. Il s'est abondamment adonné au répertoire de boulevard, composant un personnage de dandy mondain sans faire de mystères de son homosexualité.

Il y avait pourtant de la noirceur chez ce comédien toujours charmant. Qu'on se souvienne de l'amiral de Coligny dans La Reine Margot ou du beau-frère oisif dans Inspecteur Lavardin de l'ami Chabrol. En duo avec Jean Poiret, Brialy exécute la scène la plus bouleversante de ce polar amoral: "Si tu veux, je me tue et tu dis que l'assassin c'est moi", propose-t-il à l'inspecteur pour sauver la mise d'une coupable qui ne mérite pas d'être inquiétée… Le cinéma n'a pas donné à Brialy assez d'occasions d'exprimer sa grandeur et sa puissance dramatiques.

Lui-même, bien que toujours exquis et raffiné, regrettait de n'avoir pas pu jouer Shakespeare et "montrer autre chose qu'un dandy élégant et gai". Il restera toutefois l'image d'un homme de culture, une espèce en voie de disparition en ces temps où prolifèrent les bouffons analphabètes.

"Les Chansons d'Amour" à main levée

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Esquissé pendant une séance de rédaction. Emblogué céans sur intimation d'un chef d'édition - après léger photoshopage...