Locarno 6 – Le cinéma suisse à l’étranger: un produit prometteur?
Genre: débat
Lieu: Spazio Cinema
Date: lundi 6 août 2007
Thème: «Le cinéma suisse à l’étranger: un produit prometteur?»
Intervenants: Isabella Reicher, Stanart, Autriche
Jay Weissberg, Variety, Etats-Unis
Herbert Spaich, SWR, Allemagne
Modérateur: Christian Jungen
- Avez-vous remarqué le «swiss boom»?
Isabella Reicher: J’ai peur de devoir répondre non. L’Autriche se concentre plutôt sur l’«austrian boom».
Jay Weissberg: Très peu. Selon une statistique de 1992, sur 425 films sortis aux Etats-Unis, seul 6 venaient de l’étranger. Cela reflète bien le protectionnisme culturel et le sentiment d’isolement. Très peu de films étrangers sont montrés. La presse n’en parle que dans les villes où on les projette, soit Los Angeles, San Francisco, New York et Chicago – où ils sont toujours perçus comme de l’art et essai. Les films francophones ont plus de chance, car le français est toujours perçu comme «chic» (en français dans le texte). Nominé aux oscars, un film comme War Photographer ne fait que 61 000 dollars de recettes…
-Vous avez l’impression qu’il y a une nouvelle vague ?
IR: Ce genre d’étiquettes me laisse toujours sceptique. Il y a plus de films suisses qu’il n’y en a jamais eu, Vitus, Snow White, Das Fräulein. Ils ne sont pas regroupés sous le label suisse mais sous celui d’art et essai.
Herbert Spaich: Die Herbstzeitlosen n’a été distribué qu’en vo, ce qui pose un problème linguistique. Sorti huit jours avant Noël, Vitus a connu un énorme succès: c’est un grand film et il y a Bruno Ganz. Mein Name ist Eugen a eu plus de difficultés: le livre dont il est tiré est absolument inconnu en Allemagne, le doublage était mauvais, et l’esprit des années 50 en Suisse beaucoup trop éloigné de l’expérience allemande. Achtung Fertig Charlie est arrivé trop tard; il va faire l’objet d’un remake. Les documentaires suisses ont une très bonne image. On peut les voir dans les salles d’art et d’essai et à la télévision.
JW: Les festivals américains, comme Sundance ou Tribeca, sont très importants pour diffuser les films. Ceux de Cannes, Venise ou Berlin ne signifie pas grand chose pour le public américains, mais ils attirent les acheteurs.Il est difficile de définir ce qu’est un film suisse: Vitus, Das Fräulein, Garçon stupide… ils sont vraiment très différents. On essaye toujours de catégoriser. Mais les réalisateurs ne forment pas une seule unité. C’est difficile de vendre un film sans étiquette, mais les étiquettes sont réductrices…
HS: Achtung Fertig Charlie a rencontré le même problème qu’Eugen: une version mal doublée qui faisait vraiment comédie minable. Les spectateurs n’ont pas compris.
JW: La comédie est le genre le plus difficile à exporter, car chaque nation a son génie comique propre.
HS: Des comédies allemandes font des flops dans toute l’Europe. L’humour allemand est tellement spécifique que personne ne le comprend.
- Qu’est ce qui fait le succès? Les rentrées financières ou l’image du pays?
JW: dans une certaine mesure, on peut comparer les films à la haute couture. Tout le monde connaît Jean-Paul Gaultier, mais personne n’a jamais vu un de ses habits dans la rue.
- Que pensez-vous de la journée du cinéma suisse ?
JW: C’est une très bonne chose. Cela fait sens en termes de promotion. C’est une bonne occasion de se montrer.
IR: Il serait stupide de ne pas saisir cette occasion de se montrer.
HS: C’est extrêmement utile pour faire une image de marque.
- Quel est le premier film suisse que vous ayez vu ?
JW: Un Tanner.
GH: Steibruch, un film de 1942.
IR: Un Heidi…
- Quel est le dernier film suisse que vous ayez aimé et défendu ?
GH: Hippie Masala.
JW: Das Fräulein.
IR: Hans im Glück, de Peter Liechti.



















