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"Battlestar Galactica" ou les minus de l'espace

Bsg_saison3L'autre matin, dans 24 Heures, l'excellent Bernard Chappuis titrait "Battlestar Galactica: la série qui fait aimer la science-fiction". Et bien, désolé, de dire non, et même bien au contraire…

Admettons que les deux premières saisons de cette série ménagent de bons moments. On y surprend l'humanité en pleine débandade. Les robots (les "cylons") se sont révoltés contre leurs créateurs et anciens maîtres. Pour reprendre le pitch: "Les cylons ont été créés par l’homme. Ils ont évolué. Ils se sont rebellés. Il en existe plusieurs copies. Et ils ont un plan." Ce plan s'appelle génocide. Ça a commencé par des bombes atomiques; ça se poursuite de manière plus pernicieuse, par infiltration de l'humanité de souche. Parce que les cylons, comme dans Screamers d'après Philip K. Dick, au gré d'une phylogenèse hasardeuse ont évolué de la boîte de conserve à la réplique humaine parfaite. Il y a même une cylon blonde et galbée comme un top modèle…

Réduite à quelque 40 000 individus, l'humanité est en fuite, poursuivie par la flotte cylon à travers l'espace et l'hyperespace, sabotée de l'intérieur par les agents infiltrés. C'est Blade Runner dans le vide et l'Exode à travers le cosmos, c'est la paranoïa dickienne et la logique obsidionale post-11 Septembre lancées sur les chemins de la destruction…

Enfin, ça devrait être ça. Parce que Battlestar Galactica, c'est avant tout un monceau de paresse, d'incohérence et d'impéritie.

Esthétiquement, c'est zéro pointé. Même les pyjamas de Star Trek font moderne à côté des uniformes du Battlestar Galactica. Les scènes extérieures sont tournées du côté de Biolley-Orjulaz. On rajoute un filtre vert pour faire science-fiction, et voilà un paysage insolite et grandiose de New Caprica. On change de filtre, voilà le halo bleu typique des décors grandioses et insolite de Néo Papryka....

Bien sûr, j'entends déjà Jean-Charles C. rappeler que la technologie du vaisseau est obsolète parce que 1) c'est un vieux bâtiment et 2) les téléphones à fil et les ordinateurs à manivelle découragent les virus électronique... Mais quand même… Pourquoi une civilisation capable de voyager plus vite que la lumière pose des fusées en plastique sur une carte d'état-major? En fait, la société dépeinte ressemble à l'Amérique contemporaine mais dans un décor dont les éléments vienent de la brocante et dans des frusques de surplus.

Relevons enfin, parmi une kyrielle d'autres, deux illogismes agaçants: 1) pourquoi les robots de guerre des cylons, les "Centurions", des bipèdes en armure ave des mitrailleuses en guise de bras, machines à tuer impeccablement huilées, commencent-elles toujours par rater leurs cibles? 2) quelques 40 000 individus fuient l'extermination à bord de navires de guerre. Bien. Alors, pourquoi la présidente tient-elle des conférences de presse devant une vingtaine de journalistes tendant leur gros micros? La pluralité de la presse est-elle vraiment compatible avec l'état de siège? Non bien sûr. Mais ce cliché, témoignant de la paresse éhontée des scénaristes, est une figure éprouvée pour communiquer de manière dynamique des informations aux spectateur...

La troisième saison relève du naufrage intersidéral… Les ambiguïtés du début se dissolvent dans du prêchi-prêcha, des effusions sentimentales et des simagrées militaires rédhibitoires. La présidente Roslin affiche son perpétuel sourire de mater dolorosa. Le commandant Adama s'accroche à son dentier pour balancer ses injonctions contradictoire. Il passe la première partie de chaque épisode à donner des ordres iniques (généralement à son fils, ce grand dadais de Lee, qu'il envoie au casse-pipe au nom des intérêts supérieurs de la diaspora), et la seconde à s'en excuser. Ses raisonnements sont du genre: "Je n'hésiterais pas à faire fusiller tout soldat s'en prenant à l'ennemi".

Parmi les têtes à baffes les plus irrésistibles, mention spéciale à Kara "Starbuck" Thrace. Cette blonde dynamique tient le rôle de Tanguy et Laverdure à la fois: elle est brave et indisciplinée. Elle aime boire, se battre à coups de poing et baiser. Pour déclarer sa flamme à l'homme qu'elle aime, elle court épouser son rival (qu'elle n'aime pas). Cet erratisme imbécile garantit quelques épisodes qui ne dépareraient pas Les feux de l'amour… Un mot encore sur Gaius Baltar. Un génie doublé d'une pleutre geignard, assez répugnant qui se frotte comme un caniche en rut sur la jambe de la longiligne Numéro 6, la cylon dont il est amoureux. Un personnage odieux dont on rêve vainement qu'il soit une bonne fois pour tout jeté dans l'espace…

Ramassis de clichés navrants, de personnages laids et inconsistants, de singeries militaristes et de nunucheries sentimentales, Battlestar Galactica pourrait même rendre la science-fiction odieuse. Allez, vite on relit Dune ou Ubik ou Hypérion, on revoit 2001 L'Odyssée de l'Espace ou Blade Runner ou même Star Wars pour retrouver le goût du grand genre conjectural et oublier cette consternante niaiserie.

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Voici les sites qui parlent de "Battlestar Galactica" ou les minus de l'espace:

Commentaires

Je pourrais difficilement être moins d'accord avec vous, mais c'est tout de même un grand plaisir de lire autant de hargne et de mauvaise foi écrite avec autant de talent.

Hey Guys, Si vous aimez pas BSG, personne ne vous force à regarder!!
De là à dire que c'est une mauvaise série, y a un pas à ne pas franchir..
Z'êtes surement les seuls de toute la planète dans ce cas, alors la prochaine fois, avant de dire de telles inepties, revoyez un peu vos classiques Svp.
Allez, Ciao, et vive BSG la Meilleure Série de SF de tous les temps, na!!

Tien le discour pro-technologie à tout prix viens s'imposer dans la science fiction.

Je trouve l'esthétisme de BSG bien plus réaliste que celui de star trek. Il y est fait référence des limites logique de la physique spatiale (de se que nous en comprenons pour l'actuel) et nous donne des points de référence bien plus facile à interprèter pour nous. De plus, référer BSG à star trek c'est de la mauvaise foi les deux univers sont très différent et non ni l'un ni l'autre la prétention d'être la norme de la Science fiction.

Mais oui BSG c'est très dans la vague film populaire Américain et il y questionnemnt à faire du scénario. mais de là à jouer mon vaisseau vas plus vite que le tien...

Il y a plus de "mondes" dans Stargate et plus d'ennemis que dans Star Trek et BSG (une dualité humains/androïdes et après?), même si SG fait trop US marines dans l'espace.
BSG c'est aussi un peu un remake de la Bible dans l'espace on y retrouve l'Exode d'un peuple curieusement "polythéiste" avec ses seigneurs de Cobolds poursuivis par des androïdes "monothéistes" dans le rôle d'une armée sans Pharaon à sa tête.

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