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Pour vous dégoûter de "Bee Movie" et de "Dante 01"

Et si le critique de cinéma profitait des dernières lueurs de l'année pour vous dégoûter de deux films qu'il n'a pas aimés, mmh? Allez, c'est parti. Le premier, c'est Bee Movie, traduit par Drôle d'abeille (pour rendre justice au jeu de mots désopilant du titre originel, on aurait pu l'appeler en français L'Abeille rôde, ce qui au moins aurait amusé les fans des Beatles).

Bee_movie1Bee Movie est un des meilleurs films du monde puisqu'il se classe en tête du box office au Brésil, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Autriche, au Portugal et en Belgique. Il ressortit à ce genre naguère admirable et en passe de devenir un fléau mondial, à savoir le film d'animation 3-D. Précédé par une solide campagne promotionnelle assistée par fast food, il sort avant Noël pour que chaque parent qui refuserait d'y emmener ses têtes blondes se sente illico comme un bourreau d'enfants. Il a été écrit par Jerry Seinfeld, star de la télévision américaine dont l'humour nous avait été épargné jusque là. Il cumule les tares du genre: agitation frénétique produisant un effet quasiment hypnotique sur le cerveau, american way of life à gogo, scatologie pour les petits, traits d'esprit pour les adultes, gags lourdement appuyés – entendant Pump and Circumstance de Sir Elgar, une abeille dit fort drôlement "Quelle pompe pour la circonstance"…

A ces défauts rituels, Bee Movie rajoute la laideur des personnages et un message émétique. Les abeilles ont toujours inspiré les pédagogues quand il s'agit d'inculquer les valeurs du travail aux enfants. Seinfeld reconduit ce discours bien-pensant en y ajoutant des  inventions de son cru typique de l'état d'esprit de l'Amérique, soit une morale productiviste et militariste. Les butineuses sont dépeintes sous les traits d'un commando aérien soudé par l'esprit de corps: et voici la plus noble, la plus pacifique des activités, polliniser, réduite à un exercice militaire. Procédurières, les abeilles intentent un procès aux humains pour conserver l'usufruit de leur production. Evidemment, la paresse engendre de grands malheurs: les fleurs dépérissent, et la leçon du film rejoint une réalité préoccupante, la disparition des abeilles. Mais, pour Seinfeld, tout se résoud en retroussant ses manches: les insectes se remettent au boulot et la nature (Central Park, en gros) refleurit en un clin d'œil.

Einstein estimait que l'humanité ne suvivrait pas cinq ans à la disparition des abeilles. Et à leur humilation dans ce machin ricanant?

Danton_001

Dante 01 ne fera guère d'entrées, donc ce n'est a priori pas un bon film. Mais c'est dommage, car il est signé de Marc Caro, le partenaire de Jean-Pierre Jeunet sur Delicatessen! et La Cité des Enfants perdus. Ce spécialiste des effets spéciaux signe son premier long métrage et l'on espérait un film au moins graphiquement novateur. A l'arrivée, rien. Un affreux petit nanar de science-fiction qui pompe sans vergogne Sunshine de Danny Boyle, qui lui-même plagiait allégrement 2001 L'Odyssée de l'Espace, le monolithe d'angle du genre.

Dans une station spatiale qu'on dirait conçue par Rubikube, on enferme les malades mentaux (sur le modèle des Clans de la Lune Alphane, de Maître Dick), incarnés par l'arrière-ban des gueules cassées du cinéma français. La nef des fous contient sept malades, deux gardes et trois médecins. Un nouveau traitement tourne mal, la station menace de se fraiser sur Dante 01, planète en fusion. Mais le plus illuminé des cinglés se met en position christique et son cœur ardent (cinq minutes d'effets spéciaux d'une laideur exceptionnelle…) terraforme en deux temps trois mouvements le magma infernal (l'enfer de Dante, pigé?).

Il est rare qu'un film atteigne à un tel niveau de bêtise, de laideur, de mysticisme coin-coin et de prétention.

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Commentaires

Comme je le vois les critiques sont toujours aussi acerbes et méprisantes, leur restent-ils assez de dents, et de yeux pour voir à l'intérieur ?
Alors que des gens tentent de vivre de leur art! Et du temps qu'ils y consacrent! Mais je ne connais pas Marc Caro.

Un grand film de science-fiction, ainsi qu'esthétique.
A quand le prochain?
On en redemande.
A quand la suite?

Est-ce que ce commentaire sera accepté?

En tous cas, dans pas mal d'autres sites consacrés au cinéma, il y a une main mise surles votes.

Aaah, pseudo démocratie, va, heureusement certains sites acceptent tous les commentaires intelligents.
Comme celui-ci peut-être.

Alain

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