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Soleure: Le petit théâtre de l'OFC

Bideau_jauslin C'est un des rendez-vous incontournables des Journées de Soleure: la conférence de presse de l'Office fédéral de la Culture. Les chiens de presse et les professionnels de la profession se sont retrouvés sur le coup de midi dans les velours rouges du Stadtthater pour applaudir Nicolas Bideau et Jean-Frédéric Jauslin dans Encouragement du cinéma 2008, drame en un acte pour deux personnages - scénographie d'Ursula Pfander.
Jauslin qui, l'avant-veille au soir, tenait le rôle de M. Loyal dans La Nuit des Quartz, tient la grande forme dans ce spectacle se réclamant d'avantage de l'absurde beckettien (ô minimalisme du décor!) que des Folies-Bergères. En grand professionnel, il communique avec le public, déplore la pénombre qui nuit au contact visuel avec l'audience et, friand de mise en abyme, désamorce d'emblée la tentation naturaliste en déclarant: «On a l'impression d'être au théâtre et de tenir un rôle»…
Le directeur de l'OFC révèle une stature qui force l'admiration. Il parle haut et clair de la politique culturelle que le Conseil fédéral entend mener. Il entend augmenter la visibilité du cinéma suiss et se préoccuper du jeune public, difficile, exigeant et prompt à déserter les salles obscures. Il insiste sur la nécessité de négocier les accords MEDIA indispensables pour permettre à la cinématographie helvétique d'exister sur la scène internationale...
Jauslin trouve les mots justes pour parler de la culture. Il rappelle que "l'ambiance au Parlement n'est pas tout à fait rose", qu'il y aura "beaucoup de pain sur la planche pour que le Parlement comprenne que la culture est un point central du développement de la société suisse, un pilier indispensable. La perception du rôle de la culture dans la société n'est pas encore effective au niveau politique". Le fonctionnaire se fait tribun. On le sent investi d'une mission et pas du genre à lâcher l'os. Il rayonne.
Et Bideau? Il fait la moue. Il n'est pas en forme, le directeur de la section Cinéma. Et bien discret depuis le début du festival. Il n'est pas monté sur scène lors de la soirée des Quartz. On ne le voit pas rigoler dans les coins, son verbe est moins coloré, son regard moins étincelant. En a-t-il marre que les chercheurs de poux lui reprochent un exercice 2007 moins flamboyant qu'en 2006? Le cafouillis qui vient de se produire dans la nomination du nouveau directeur la Cinémathèque suisse l'a-t-il ébranlé?  Est-il las des sempiternelles polémiquettes sur l'air du «populaire de qualité»? Les attaques dont il est l'objet incessant, comme celles de Samir, le producteur zurichois qui l'accuse quasiment de couler sa petite entreprise,  ont-elles fini par entamer sa carapace? Le Nicolas semble avoir perdu sa joie de vivre, son goût de la controverse. Il paraît fatigué de se justifier sans répit, à la télé, à la radio, dans les journaux, auprès des professionnels. Lâchez-moi les baskets (roses) semblent dire sa lippe boudeue et son regard assombri.
Lorsqu'il prend la parole sur la scène du Stadtthater, c'est avec lassitude. Il balance à toute berzingue et de façon monocorde une enfilade de bilans et perspectives, et de chiffres: en 2007, 13 641 967 francs ont été investis dans la fiction, pour  24 rélalisations (dont huit minoritaires) et 3 scénarios;  3 284 983 pour le documentaires, 626 400 pour les courts métrages. Oui, l'an dernier les parts de marché du cinéma suisse n'ont été que de 5, 6 % contre 9, 72 % en 2007 – mais 2, 57 en 1995!
Lorsqu'une personne dans l'assistance refait les calculs et arrive à un autre total, il commence par grommeler, râle qu'il n'a pas tous ces chiffres en tête, brasse sa paperasse et finit, excédé, par gronder qu'il en a marre d'être mis en doute, que ces calculs ont été refaits dix fois et que ce n'est pas le genre de dialogue qu'il attend. Sur le fond, Bideau n'a pas tout tort: l'Office fédéral de la culture emploie sans doute des comptables compétents. Sur la forme, c'est limite. Est-ce qu'on bouffe le nez des gens comme ça? Bien sûr, Nicolas Bideau a le pire job de Suisse, détesté quand il prend une décision, honni quand il n'en prend pas, incapable de satisfaire tous les solliciteurs d'aide fédérale. Mais, en deux ans d'exercice placés sous le signe du dynamisme et, qu'on le veuille ou non, couronnés d'un succès chiffrable, a-t-il déjà atteint les limites de la résistance humaine? Ce serait bien dommage que la mesquinerie, le chipotage et la grogne aient douché l'énergie du dynamiteur…

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Commentaires

En quoi les grands pieds de ce nigaud sorti de la manche de Couchepin sont-ils de la dynamite??? Mis à part un ramassis de marketing teinté d'astuces de vendeur de tapis je ne vois rien de constructif dans tout ce que Bideau déblatère depuis deux ans. Kummer, Tanner et autres Dindo ont entièrement raison et savent, eux, ce qu'est le cinéma.

Quant à moi, face à tous ceux qui savent ce qu'est le cinéma, je suis ravi que quelqu'un se soucie encore de faire savoir ce que c'est à ceux qui ne le savent pas encore.

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