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"Iron Man": dur dehors, mou dedans

Ironman1td3Attention un superhéros peut en cacher un autre: on a eu les superstars, Superman, Batman et Spider-Man, et les viennent ensuite, X-Men, Daredevil, Fantastic 4. Le filon n'est pas près de s'épuiser. Voici Iron Man, autre fleuron des comics anticommunistes qui fleurissaient sur papier cheap au début des années 80.

Contrairement à ses collègues mutants, Tony Stark n'a pas de superpouvoirs. Sans son armure volante, il est comme un bernard-l'hermite arraché à sa coquille: tout mou et vulnérable. Il est aussi comme la politique de Bush: offensive à l'extérieur (Irak), invertébrée à l'intérieur (crise des subprimes)... Mais il est superintelligent et superiche. Fabriquant d'armes cynique et porté sur la boisson, il est enlevé par un génie du mal asiatique. Pour s'évader, il construit une armure hi-tech qu'il enfile ensuite pour combattre les vilains et les Rouges.

Le film de Jon Favreau recontextualise ce pitch dans notre joyeux 21e siècle. Tony Stark est enlevé par des taliban. Dans sa grotte de Bamyian, il se forge une armure avec des boîtes de conserve et s'échappe dans un délire pyrotechnique. De retour aux Etats-Unis, il crée une version améliorée de son exosquelette. Il met une pâtée aux barbus basanés. Et puis il prend conscience que vendre des armes, c'est pas bien. Il entre alors en conflit avec Obadiah Stane, son père adoptif (dont on se méfie depuis le début du film puisqu'il est chauve est barbu), dans un conflit oedipien qui se règle sur le mode bruyant des Transformers.

Iron_man_downey Ne boudons pas notre plaisir. Eu égard à certains désastres (Fantastic 4, X-Men…), ce produit tient la route. Sans atteindre aux sommets de Batman returns (Tim Burton) ou Batman begins (Christopher Nolan), il se situe au niveau honorable de Hulk ou de Spider-Man 2. L'humour rehausse un scénario classique, le patriotisme supporte une touche ironique (l'essence de l'Amérique tient dans un cheeseburger). Et puis, il y a surtout Robert Downey Jr. Comédien remarquable, il donne au héros une touche d'inquiétude et de cynisme très séduisante.

Iron Man recèle une dimension symbolique troublante: pour empêcher que les éclats de grenade fichés dans sa poitrine ne lui crèvent le cœur, Tony Stark s'est installée sur le sternum un cercle d'iridium magnétique qui, si j'ai bien compris, lui donne aussi l'énergie que requiert la manipulation de l'exosquelette. En fait, ce pacemaker survolté se substitue à son cœur. Tony Stark, l'homme de fer, a un cœur métallique. Et pourtant, il a du cœur puisqu'il s'oppose au complexe militaro-industriel... Ce qui sous-entend qu'il y a de l'humanité dans la machine.

Au cours d'une scène qui devrait être classée X, la jolie assistante (Gwyneth Paltrow) de Tony Stark l'aide à changer les piles (là, je vulgarise) de sa pompe énergétique. Elle plonge sa main menue dans la poitrine de son boss pâmé, ô fascinante hybridation de poumon d'acier, de transplantation cardiaque et de fist fucking… Les films de superhéros réservent toujours d'étonnantes surprises.

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