NIFFF : Swiss Shorts – but good
En attendant de découvrir les trois longs métrages helvétiques d'obédience fantastique promis par Nicolas Bideau, Gremlin en chef de l'OFC, place à une sélection de courts métrages suisses. L'édition 08 des Swiss Shorts, une tradition nifffienne désormais bien établie, est réjouissante: il y a deux ans, sur 10 films on comptait un taux de réussite de 28%. Cette année, la moyenne atteint sans problème 83%... Quant à l'âge moyen des spectateurs dans la salle, il doit avoisiner 24 ans - s'il est aussi élevé, c'est que Freddy Landry et votre serviteur étaient là, tapis dans l'ombre moite de l'Apollo 2…
Cette ardeur, cette jeunesse, ce talent donnent raison au Gremlin en chef: le fantastique existe en suisse et il a un avenir. Ces dix courts métrages sélectionnés sur 1000, démontrent le vitalité et la diversité du genre, mais aussi la continuité: certains réalisateurs reviennent pour la deuxième, voire la troisième fois en compétition.
Le plus mauvais film du programme, c'est le dernier, Dead Bones, du Neuchâtelois Olivier Béguin, qui métisse western et gore. Un chasseur de prime arrivé dans un village sergioléonien se retrouve enchaîné dans le garde-manger avec la desperado qu'il pistait. Avant que le cuistot vienne se tailler une bavette, ils s'enfuient, tuant tous les cannibales dans leur fuite. Le sang est rouge comme il faut, les revolvers font un bruit ridicule de doigts claqués et toute l’entreprise ne semble n’avoir été conçu que pour trois effets spéciaux – une jambe sectionnée, une main arrachée, une tête coupée... Si le fantastique suisse mérite d’exister, il doit impérativement éviter d’aller chercher son inspiration dans les séries B les plus nases.
Hormis ce faux-pas, le reste du programme, recourant à
toutes les techniques pour tâter de tous les genres, s’avère réjouissant.
Dessins animés, en couleur (Die Seilbahn,
de Claudius Gentinetta & Frank Braun, qui rappelle de se munir d’un rouleau
d’adhésif quand on prend le téléphérique) ou noir et blanc (Room 57, de Florian Birrer, situation
science-fictive aussi brève que poignante). Pâte à modeler pour narrer les
affres d’une écrivaine allergique au bruit (Il
Davos Capetel, de Carla Hitz) ou la passage à l’âge adulte d’un petit
garçon trépané (le formidable Sainte
Barbe de Cédric Louis et Claude Barras). Trois courts métrages contiennent
les germes d’une histoire qui pourrai être développée : Monsieur Sélavy, de Peter Volkart, suit
les pérégrinations poétiques d’un quidam dans un univers rétro futuriste
rappelant les mondes de Jean-Pierrre Jeunet; Rien ne va plus, de Gregory Bindchedler, évoque un écrivain qui a le don de prémonition; Vincent le
Magnifique, de Pascal Forney, se réclame de l’humour macabre d’un
Tim Burton pour retracer la carrière navrante et splendide d’un prestidigitateur
qui n’a pas tout à fait assimilé le truc de la fille qu’on scie en deux...
Mêlant animation et personnages réels, Dans la peau de Zoltan Horvath, est
un petit chef-d’œuvre. Le scénario est élémentaire : dans un bar, deux
tatoués se trouvent. Elle porte une sirène sur le sein, lui un superbe kraken
dans le dos. Pendant l’accouplement, les tatouages prennent vie. Tout un
bestiaire fantastique respire avec la peau, glisse sur l’onde des chairs qui se
dilatent, se réfugie dans les recoins d’ombre qu’explorent la langue et les
doigts. Le dragon crache le feu, le sagittaire décoche ses flèches, la
manticore arque son dard, le paon fait de l’œil, le caméléon lance sa langue.
Enfin, au moment suprême, la pieuvre est aspirée par le maelström de la jouissance
et se répand glorieusement sur le corps de la femme en extase...

Je me permets de rebondir sur la critique de DEAD BONES, jugée ici par Monsieur Duplan comme le plus mauvais film de la sélection des court-métrages. Donnez-nous des critiques constructives, comme l'ont fait vos collègues du "Temps", Jobin et Dufour. Mais ne dites pas simplement que le film est mauvais. Oui, le son est pourri: la cause, le mixage final n'a pas pu être effectué car la personne en charge du son n'a pas livré dans les temps. Nous savons que le film souffre d'une image trop propre, chose à laquelle nous allons remédier. Mais avant de nous cracher dessus, Monsieur Duplan, cherchez le contact et la discussion. L'entreprise n'a certainement pas "été conçue que pour trois effets spéciaux". Elle l'a été pour l'amour du genre et pour le challenge. Nous avons tourné le film sans l'aide de l'OFC, sans l'aide à la postprod de la Migros. Je ne vais pas utiliser ces arguments pour justifier les manques du film (car nous en sommes conscients), mais encore une fois, ne crachez pas sur le dos d'une équipe de jeunes cinéastes suisses qui ose et qui tente et qui s'est en très grande partie autofinancée. Vous n'avez peut-être pas été charmé par le sujet? Reste que Ken Foree et Arie Verveen l'ont été. Vous avez des critiques constructives? Quels sont exactement les points qui vous ont posé problème? Nous sommes prêts à vous écouter, car nous voulons apprendre, nous voulons nous développer et nous voulons continuer dans ce domaine. Vous trouverez nos contacts sous www.dead-bones.com
Bien à vous
A. Mahnert
Rédigé par: Annick Mahnert | le 10 juillet 2008 à 14:58
ce court métrage est nul et d'une prétention incroyable.
Pour une fois qu'un critique dit tout haut ce que d'autres pensent tout bas.
Rédigé par: georges | le 10 juillet 2008 à 18:30
Tu veux pas préciser un peu George? c'est pas des masses constructif ton avis là...
Rédigé par: Olivier | le 10 juillet 2008 à 20:28
En effet je trouve les commentaires (les attaques ? ) un peu simplistes... J'ai l'impression que l'ambition ( a savoir traiter deux themes propres au cinema italien des années 70 en un seul film ) est confondu avec de la prétention , ce qui denote quand meme une certaine etroitesse d'esprit... En tous les cas le challenge a seduit outres les deux acteurs cités plus haut , le cinéaste italien Ruggero Deodato ( juste le realisateur de Cannibal Holocaust... ) je pense qu'il aura su apprecier ce film pour son univers et ses qualités....
Rédigé par: David | le 10 juillet 2008 à 20:37
On peut aimer ou ne pas aimer un film. Ca arrive à tout réalisateur de faire un film qui ne plait pas à la critique , que ce soit un Spielberg, un Bay, un Scorsese et j'en passe. Ce que j'ai du mal à accepter, c'est que quelqu'un dise simplement: c'est nul et d'une prétention incroyable. Je l'ai dit et je le redis: nous sommes ouverts aux critiques et nous les acceptons (il n'y a que comme ça que l'on progresse). Pour autant qu'elles soient bien expliquées et qu'elles soient constructives. George, quel est le problème? Ou vois-tu de la prétention? Explique-nous.
D'avance, merci.
A. Mahnert
Rédigé par: Annick Mahnert | le 10 juillet 2008 à 21:39
On peut aimer ou ne pas aimer un film. Ca arrive à tout réalisateur de faire un film qui ne plait pas à la critique , que ce soit un Spielberg, un Bay, un Scorsese et j'en passe. Ce que j'ai du mal à accepter, c'est que quelqu'un dise simplement: c'est nul et d'une prétention incroyable. Je l'ai dit et je le redis: nous sommes ouverts aux critiques et nous les acceptons (il n'y a que comme ça que l'on progresse). Pour autant qu'elles soient bien expliquées et qu'elles soient constructives. George, quel est le problème? Ou vois-tu de la prétention? Explique-nous.
D'avance, merci.
A. Mahnert
Rédigé par: Annick Mahnert | le 10 juillet 2008 à 21:40
Dead bones est fait pour le public. Il ne s'agit pas d'un essai pour une école d'art et pour faire plaisir aux profs. Malgré tous les défauts évidents d'une copie de travail, Dead bone est tout simplement le meilleur et le plus ambitieux court de cette sélection médiocre. Si je peux me permettre de vous donner un conseil : visionnez Argento, Fulci ou Deodato. Vous avez encore des choses à découvrir du cinéma italien.
Rédigé par: Follet Pascal | le 11 juillet 2008 à 14:58
Comme dit si bien Mister Duplan, l'excuse du son est vraiment ''amateuriste''.
Les spectateurs veulent voir un film fini et s'en foutent de savoir qu'un acteur n'était pas au top car il avait un rhume !
Vous avez tout de meme eu beaucoup de chance de voir votre film sélectionné au NIFFF , à croire que de nos jours le copinage fait toujours des siennes dans ce petit milieu fantastique .
Avant de vous attaquer au western gore, apprenez la théorie du cinéma de base.
Il y a du boulot !
Pitoyable vos réactions puériles et pitoyable votre prétention qui n'a bel et bien aucune limite.
Rédigé par: georges | le 13 juillet 2008 à 17:43
Personnellement, rien ne me dérange sur le faite que le mixage ne soit pas fini, au contraire ce sera une bonne raison de le voir une deuxième fois et apprécier le travail, l'évolution.
Les spectateurs qui veulent absolument voir un produit fini, sont tout simplement des adeptes de l'entertainment et ne supporte pas l'essai ou l'expérimentation. C'est bien dommage.
Les critiques de M. Duplan sont comme à son habitude : très personnelle et inconstructive. Comme celle de M. Georges, on ressent une espèce de petite jalousie des habituels frustrés de l'art qui se réfugie dans la critique qui ne sert à rien si celle-ci n'est pas recherchée et surtout qui est objective, enfin elle ne sert à rien du tout finalement. A quoi cela sert de divulguer une critique infondée en publique ? Celle-ci ne devrait-elle pas être dite directement aux concernés ? Afin de les aider ?
M. Duplan, essayer d'être un peu courageux et adresser vous directement aux concernés en les citant, en leur posant des questions.
Rédigé par: Swearengen | le 29 juillet 2008 à 12:28