Les adeptes du néolibéralisme sont l'ennemi du genre humain. Les Bassidji ne sont pas leur ami non plus. Les membres de cette milice populaire, créée en Iran en 1980 pour appuyer l'armée officielle dans la guerre contre Saddam Hussein, sont aujourd'hui les gardiens de la révolution islamique. Ils vivent dans le culte de leurs martyrs, qu'ils pleurent bruyamment au cours de rassemblements hystériques, dispensent la bonne parole ("Les martyrs doivent être omniprésents! Les martyrs étaient purs! La guerre est une bénédiction pour nous!"), patrouillent dans les rues pour s'assurer que les préceptes de l'Islam sont dûment respectés, fanfaronnent ("L'Islam progresse partout dans le monde, les démocraties se rendent soudain compte que Dieu est toujours vivant"), mais se désolent de voir que la jeunesse iranienne préfère consommer des biens occidentaux.
Mehran Tamadon, Iranien domiciliée en France, infidèle vivant hors des liens sacrés du mariage et appréciant un verre de vin, est retourné dans son pays d'origine pour confronter le point de vue occidental avec ces barbus. Par allleurs chaleureux et volubiles, ces bastions de l'obscurantisme sont de redoutables maîtres en rhétorique. Idéologues onctueux, ils manient les sophismes pour désamorcer les questions des gens de la rue, que le cinéaste leur soumet.
- Pourquoi faut-il pleurer les martyrs?
- Pleurer, c'est bien ou c'est mal?
- C'est bien
- Alors c'est bien de pleurer les martyrs.
- Oui mais pourquoi tous ensemble?
- C'est bien que tout le monde vienne pour quelque chose de bien…
Parfois, ces garants de la morale font un peu pitié. Quand ils parlent des femmes, indissociables du diable dans leur esprit. Les femmes qu'ils ne regardent jamais en face, "parce que leurs yeux ont un grand pouvoir. Tu risques de dévier. Alors c'est mieux d'éviter le regard des femmes, pour être sûr de se contrôler". Ils sont effrayants aussi lorsqu'ils assurent sur le ton de la plaisanterie: "On peut se servir d'autres méthodes pour vous convaincre – loin de la caméra".
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