Dix-huit films issus, co-productions obligent, de plus de vingt pays. Dix-huit problématiques, dix-huit horizons, dix-huit styles, dix-huit points de vue… Comment le jury va-t-il pouvoir trier le bon grain de l’ivraie et désigner l’œuvre méritant le Pardo d’or? Bonne chance les gars…
Parmi les films les plus prétentieux on notera: La Invencion de la Carne, de Santiago Loza (Argentine) qui filme avec une extrême froideur la relation taciturne de deux jeunes gens proches de l’autisme. Et Os Famosos e os Duendes da Morte, d’Esmir Filho (Brésil), salmigondis hermétique mêlant réalité et virtualité – le «ghost of electricity» cher à Bob Dylan , dont le jeune héros est fan.Et A Religiosa portuguesa, d’Eugène Green (Portugal), qui, procédant par mise en abyme (le film en train de se faire) adopte un ton tellement auteuriste qu’on se demande encore si l’on est au premier ou au second degré.
Dans la famille «errance et désoeuvrement», on relèvera: Akadimia Platonos, de Filipo Tsitos (Grèce) où les journées glandeuses de quelques commerçants qui n’aiment pas les Albanais. Et Frontier Blues, de Babak Jalali (Iran), portrait asthénique de quatre hommes sans femmes ni avenir sur la frontière turque.
Nos amis Français nous donnent: Au Voleur, de Sarah Leonor, qui met en scène avec un certain talent une bande de monte-en-l’air, avant de se la jouer cavale au fil de l’eau sur le modèle de La Nuit du Chasseur, toujours imité. Et L’insurgée, de Laurent Perreau ou la relation tourmentée d’une jeune fille butée et de son grand-père fantasque (Michel Piccoli)
Du froid viennent: Buben. Baraben, d’Alexei Mizgirev (Russie) qui dépeient la misère financière et morale de la Russier post-soviétique à travers la ralation confuse d’une bibliothécaire kleptomane et d’un repris de justice qui aime l’ordre. Et La Donation, de Bernard Emond (Canada), un film de patronage calibré pour le prix du Jury oecumémique dans lequel une médecin reprend le cabinet d’un praticien âgé au fin fond de nulle part.
L’Asie nous envoie: Sham Moh, de Ho Yuhang (Malaisie), les amours de deux jeunes contrariées par des parents vénaux et condamnées à finir mal. She, A Chinese, de Guo Xiaolu (Chine) met en scène une jeune campagnarde Chinoise dotée d’un fichu caractère qui tente sa chance en ville avant d’éppuser un retraité britannique. Enfin, The Search, de Pema Tseden (Chine tibétaine) suit une équipe de cinéma recherchant dans les villages de l’Hymalaya les interprètes susceptibles de jouer dans la version filmée d’un fameux opéra tibétain ; ce film a la curieuse particularité d’être entièrement filmé en plans éloignés, ce qui permet au spectateur de rester étranger à ce qui se passe sur l’écran.
Parmi les meilleurs films, on distingue: Shirley Adams, d’Oliver Hermanus (Afrique du Sud), portrait d’une mère courage. Wakaranai, de Masahiro Kobayashi (Japon), portrait d’un adolescent livré à lui-même dans une société où le fric mène la danse. Complices, de Frédéric Mermoud (Suisse), qui rend ses lettres de noblesse au polar. La Cantante de Tango, de Diego Martinez Viggnatti (Argentine), une histoire de corazon brisé qui bandonéonne à vous filer la chair de poule. Et Nothing Personal, d’Urszula Antoniak (Hollande), un Sans toit ni loi à l’irlandaise, film extrêmement sensible, très juste dans son ton: comment un homme solitaire réussit à amadouer une jeune femme en rupture de ban.
S’il n’en reste qu’un ce sera: Summer Wars, de Mamoru Hosoda (Japon). Un dessin animé, quelle audace. La jonction de Miyazaki – la famille, la nature – et du cyberpunk le plus halluciné. Kenji, un adolescent doué en mathématiques, ne dispose que de quelques heures pour restaurer Oz, la cité virtuelle qui régit toute la vie physique, des feux rouges aux satellites, des GPS aux alarmes cardiaques. Au repas de famille donné à l’occasion des 90 ans de la grand-mère, s’oppose l’effondrement de l’infosphère, une guerre apocalyptique d’avatars dont dépend, in fine la survie du monde matériel. Emouvant et grandiose, graphiquement démentiel…
And the winner is…

ça se voit qu'il est interessant film.
Rédigé par: Horoscope | 05 décembre 2009 à 11:38
beau film bonne continuation.
Rédigé par: voyante | 05 décembre 2009 à 11:40
merci pour l'article.
Rédigé par: voyance gratuite | 05 décembre 2009 à 11:42