Nous y en a pauvres provinciaux, pieds crottés, qu’on montre
nos petites images aux beaux messieurs de la capitale… Bon, on n’est pas obligé
de cultiver un complexe de supériorité, d’autant plus que l’exercice, justement
intitulé Nouveaux films suisses en
discussion, est épatant: il s’agit de confronter des œuvres helvétiques au
regard de critiques étrangers, qu’on ne peut guère suspecter de subjectivité ou
d’indulgence.
Cœur animal, de Séverine Cornamusaz, Verso, de Xavier Ruiz, Face au juge, de Pierre-François Sauter et La Guerre est finie, de Mitko Panov sont analysés par Catherine Bizern (Entrevues), Charles Tesson (Cahiers du Cinéma) et Corinne Rondeau (France Culture).
Patrick Ferla, qui anime le débat, procède à la mise à feu du logos en demandant «Pourquoi écrivez-vous sur le cinéma?». Corinne Rondeau prend la tangente: à la question «D’où viennent les images?», elle préfère se demander «Où vont les images?», les merveilleuses images qui aident à se situer dans l’espace contemporain. Charles Tesson évoque un souvenir d’enfance: dans les pièces de théâtre de son village, quelque chose clochait. Les comédiens, c’était l’instituteur, le charcutier… Il a fallu, plus tard, que le cinéma lui donne «l’intensité de la réalité». Enfin, le 7e art rappelle à Catherine Bizern des «enfants qui jouent à vrai ou faux».
Les présentations faites, Cœur animal passe au tamis. Les personnages archétypaux, la pauvreté de narration ont d’abord irrité Corinne Rondeau; elle s’est laissé séduire à la troisième vision. Sa glose est inspirée lorsqu’elle parle de «météorologie intime». Elle observe que le film «s’ancre dans la viscéralité parce qu’il cache une ombre – il est dédié à la grand-mère de la réalisatrice. Ce n’est pas un film réaliste puisqu’il se fonde sur une mythologie familiale» Charles Tesson apprécie le début, de nature plutôt documentaire, moins la fiction: les personnages sont trop chargés, le trait un peu appuyé». Soit, selon Catherine Bizern: «Cœur animal reste constamment attaché au signifiant, ne laisse pas le paysage devenir» (sic)…
Place à Verso, une «série policière et psychologique comme les Américains savent bien les faire» Charles Tesson était «très preneur» d’un film sur Genève, qu’il connaît mal. Il apprécie les statistiques (drogues, crimes, prostitution) données au générique de début, mais regrette, que la fiction se situe dans un non-lieu appartenant aux conventions du cinéma d’action. Il dénonce les inutiles travellings d’une scène de poker qui «miment l’état du cinéma d’action». Ses collègues tombent d’accord: beaucoup d’énergie, un «désir démesuré» mais des poncifs, un scénario alambiqué, trop de fausses pistes, trop de références (Birdy, Shining, bandes annonces…), trop de thèmes (rivalité, gémellité…), «tout est surligné». Bref, si Ruiz filmait «le dixième de son scénario, le film serait dix fois meilleur».
Face au Juge, le documentaire de Pierre-François Sauter, plaît énormément à Charles Tesson: «Le film tient son titre». Ni le juge, ni le cinéaste, ni le spectateur n’occupent jamais une place de justicier. «Comment la parole revient sur l’acte et comment le juge la traduit. La personne se reconnaît-elle dans les mots du juge? Comment se mettent-ils d’accord sur la scène réelle qu’on ne verra pas? Plutôt que de raconter des tranches pseudo glauques, la politesse du verbe reconstruit l’univers». Catherine Bizern est restée sur sa faim: elle ne voit pas quel est le point de vue du cinéaste, elle ne comprend pas certains cadrages. Et se demande pourquoi le film s’arrête là. Corinne Rondeau rétorque qu’il y a une unité de temps: le film raconte une journée du juge.
Les trois critiques ont aussi apprécié La Guerre est finie. Comme l’auteur de ces lignes ne l’a pas vu, son attention s’est rapidement dissipée.
Une fois de plus je ne suis pas déçu par votre article. Bravo
Rédigé par : voyance gratuite | 13 septembre 2010 à 17:52
Je trouve votre blog trés beau et trés complet, bravo. J ai pu y trouver beaucoup de renseignements.
Rédigé par : Horoscope | 13 septembre 2010 à 17:52
Effectivement, je suis entièrement d'accord avec votre critique. C'est tout ce que j'ai à dire...
Rédigé par : Tarot divinatoire gratuit | 13 septembre 2010 à 17:54
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Rédigé par : Cheap Football boots | 04 mai 2012 à 03:31