Le calendrier maya, qui annonce la fin du
monde pour 2012, a forcément raison. La preuve? Il n’a prévu aucune polémique à
Soleure en 2010, et cela se vérifie depuis jeudi. L’année dernière, les
Journées avaient commencé dans le feu de la vindicte. Nicolas Bideau voué aux
gémonies, les cinéastes parlant de le traduire en justice. La traditionnelle
conférence de presse de l’OFC avait été lancée par son directeur, Jean-Frédéric
Jausslin, sous les auspices de «Paix aux hommes de bonne volonté». Dans les
salons de l’hôtel Krone, la masse des cinéastes entraînés par Samir scandait
«Bideau les auteurs auront ta peau»! Cette année, c’est calme plat. La branche
doit avoir les yeux tournés vers Avatar.
Bon, la séance d’information de l’Office fédéral de la culture est moins excitante que le film de James Cameron. Elle annonce une bonne nouvelle: le budget global du cinéma suisse, augmenté de 1, 7 millions de francs, atteint 46 939 300 cette année. Sinon, la conférence porte sur «l’évaluation des régimes actuels (2007-2010) et les perspectives relatives aux futurs régimes d’encouragement du cinéma (2011-2015)». Elle se déroule à nouveau au Stadttheater. La mise en scène a toutefois changé. Au pupitre coincé côté jardin dans une tradition du théâtre beckettien (saison 08) a succédé un canapé cossu flanqué de deux fauteuils relevant plutôt de la tradition boulevardière.
S’y installent Thomas Geiser (Université de Saint-Gall, FOCAL), Laurent Steiert (OFC), Nicolas Bideau et Anne-Catherine de Perrot. Cette dernière, sociologue de son état, mène une évaluation des régimes d’encouragement actuels ce qui nous vaut du bon jargon sociologisant («Nous sommes en train d’analyser l’analyse de l’impact»), mais aussi des chiffres plus ou moins palpitants: 323 questionnaires ont été envoyés, 148 ont été remplis; ce taux de 46 % de participation est jugé «très satisfaisant». Et encore des portes joyeusement enfoncées: la consultante est frappée par l’intensité des interactions entre les requérants et l’Office. La force de mobilisation de la branche cinématographiques est très forte en comparaison des autres secteurs artistiques, a-t-elle remarqué – ben oui, faire un film coûte plus cher que de faire un dessin au néocolor…
On a même droit à un graphe: l’«Eisberg Modell» qui réunit sous les traits du pire ennemi du Titanic les structures formelles (visibles) et informelles (immergées) constituant la réalité du cinéma suisse. Conclusion de l’analyste analysante: les trois pôles doivent bien s’entendre. Et les pingouins bien rigoler.
On peut s’accorder avec Nicolas Bideau lorsqu’il rappelle que «la Suisse est une mécanique de précision formidable». On peut aussi se dire qu’il y a toujours de l’argent lorsqu’il s’agit d’enculer les mouches. Sinon, le chef de la section cinéma de l’OFC a mis sur pied un groupe de «professionnels de la profession» regroupant, outre les habituels réalisateurs et producteurs, des distributeurs, des exploitants de salles susceptibles de garantir non la qualité et la popularité des films, mais peut-être leur visibilité. Et aussi de s’interroger sur l’avenir des salles, notamment l’équipement en digital qui permettra de diffuser les Avatar à venir.
Nicolas Bideau a commis un lapsus amusant en disant «Cet esprit démocratique qui nous abysse toute» au lieu de «habite tous». Abysse toute… Redoute-t-il le naufrage du cinéma suisse? Ou pense-t-il à un fameux succès de ce foutu wonder boy de James Cameron ?
cela été une très bonne idée!
Rédigé par : medium | 28 avril 2010 à 13:43
Je veux juste vous dire merci pour les informations que vous avez partagés.
Rédigé par : voyante | 28 avril 2010 à 13:45
continuer à écrire ce genre de poste. Je serai votre lecteur fidèle. Merci
Rédigé par : Mediums | 28 avril 2010 à 13:46
bel article qui nous offre avec beaucoup de perspicacité
Rédigé par : oracle gratuit | 28 avril 2010 à 13:47
Nous vous remercions d'avoir pris le temps de publier cette information très utile!
Rédigé par : Astrologie | 28 avril 2010 à 13:49