La mille et deuxième nuit, Shéhérazade se leva et brancha sa Xbox pour une fameuse partie de Prince of Persia. Gosse des rues, Dastan est adopté par le Roi de Perse. En dépit de ses origines prolétaires, il a en lui autant de noblesse que ses frères, Garsiv et Tus. Devenu grand, c'est une fameuse tête brûlée, mais son cœur est immense. Quand le roi de Perse est assassiné (à l'aide d'un manteau empoisonné rappelant la tunique de Nessus fatale à Hercule), Dastan (Jake Gyllenhaal, de Brokeback Mountain) est accusé de régicide et pris en chasse. Il s'enfuit en compagnie de la princesse Tamina, s'acoquine avec Sheik Amar, un apôtre du libéralisme qui vomit le principe des impôts, pour prouver son innocence et confondre l'oncle Nizam, le traître qui veut être calife à la place du calife grâce à un poignard magique, dont la poignée en forme de sablier permet de remonter le temps et de modifier le passé à sa guise…
Sous les doigts agiles de Shéhérazade, l'aventure ne connaît pas de temps mort. Dastan a pour hobby de courir à la verticale sur les murs et Sheik Amar d'organiser des courses d'autruches. Oncle Nizam stipendie les Haschichins, guerriers de l'ombre moitié-ninja moitié-Nazgûl, qui ont pour armes le sabre, le shaken et a vipère cornue, grosse comme un boa et plus écailleuse qu'une pomme de pin. Ça ferraille dur, avec acrobaties diverses, courses sur les toits, chutes dans les étals, et rétablissement sur la bosse des chameaux. On y meurt aussi, hélas! Mais ce n'est pas trop grave car le poignard magique permet de revenir en arrière et de ressusciter les trépassés…
Tiré d'un jeu vidéo triple A, Prince of Persia: les sables du temps est au 1001 Nuits ce que La Momie est à Champollion: une joyeuse élucubration coupée de tout référent historique ou même mythologique, un bruyant foutoir d'influences diverses, du Nasdine Hodja (L'Insaisissable dans Vaillant) survitaminé, situé dans une contré imprécise qui va des rives de la Méditerranée aux neiges de l'Hindu Kush. Les personnages de cette nouvelle grosse machine sont tous affublés d'une mentalité d'adolescent américain (le public cible). Hollywood fait passer sa propagande pour la cellule familiale et, plus intéressant, un message politique identique à celui de Green Zone: l'armée royale n'aurait pas dû attaquer la ville sainte d'Alamut, car elle ne recelait aucune armurerie préjudiciable au royaume. Les armes de destruction massive n'étaient qu'un prétexte inventé par l'oncle félon pour déclencher la guerre. Nizam = Bush, cqfd. Mais dans le monde réel, il n'y a pas de poignard magique pour aller réparer en amont les erreurs commises.
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Rédigé par : voyance | 31 mai 2010 à 12:20
joli photo !! merci pour ce magnifique blog
Rédigé par : voyante | 12 octobre 2010 à 18:13
merci pour ce merveilleux post.
Rédigé par : voyance gratuite | 12 octobre 2010 à 18:17
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Rédigé par : coach shoes | 15 novembre 2010 à 09:24