Et du côté de la Piazza grande, vitrine du festival, haut lieu des réjouissance vespérales sous des cieux incrustés de diamants, c’était comment? Impression mitigée, là aussi.
Evidemment, c’est un peu bizarre de commencer avec Au Fond des Bois, de Benoît Jacquot, film d’auteur certes bien ficelé mais plutôt antipathique avec cette femme qui consent à être violée et malmenée par une espèce de vilain gnome magnétiseur. Certes on n’est pas obligé d’aimer Rammbock, ixième relecture de Je suis une légende, ni être excessivement sensible au charme rétro de Hugo Koblet – Pédaleur de Charme, biopic sur un cycliste suisse légendaire se partageant entre bandes d’archives et chromos. Le Vilain Petit Canard russe est tellement vilain qu’on n’y revient pas. Quant à L’Avocat, sa vraie place est un dimanche à la télévision…
A propos de produit pour la télé, Horst Tappert, l’inoubliable interprète de Derrick, nous a quittés il y a quelques années. Mais son esprit reste bien vivant dans Das Letzte Schweigen, de Baran Bo Odar. A coté de cette daube, Navarro c’est du Lubitsch et Julie Lescaut du David Lynch!
S’emparant du plus sensible des sujets (la pédophilie aggravée d’assassinat), ce machin exhibe une indicible médiocrité scénaristique et dramatique que souligne un sound design grossier réalisé au bon gros synthétiseur vintage. Les comédiens sont plus épouvantbles les uns que les autres, pourtant ils ont prouvé ailleurs un exceptioel talent, à commencer par le Danois Ulich Thomsen, inoubliable incendiaire de famille dans Festen, de Vinterberg. Truffé de clichés importés des séries américaines et mal assimilés, incohérent, démagogique, poussif, Das Letzte Schweigen est absolument déplacé sur la Piazza. Le plus étonnant, c’est que les bons spectateurs applaudissent servilement. Il y a dix ans, vingt ans, la chose eût été huée à la mesure de sa pauvreté.
Ah oui, sur la Piazza, il y aussi eu Svet-Ake, l’histoire d’un électricien kirghize, sympa.
Amateurs d’absurde et de délires, vous vous êtes justement réjouis de Rare Exports: A Christmas Tale, qui dynamite le Père Noël ou Rubber qui suit un pneu psychopathe.
Cyrus, tragi-comédie indie US séduit par sa finesse et son humour doux-amer, Kongavegur nous rassure sur l’irréductibilité finlandaise à la raison, The Human Resources Manager nous emmène dans un voyage initiatique macabre et drolatique. Et restent les stars absolues, Lubitsch avec To Be or Not To Be (1942), Francesco Rosi avec Uomini Contro (1970)…
Bon, sans vouloir entonner le couplet du «c’était quand même mieux autrefois», sans remonter aux jours heureux de l’été 1987 et son brelan royal, soit Sous le Soleil de Satan (Pialat), Intervista (Fellini), Les Ailes du Désir (Wenders) projetés d’affilée sur la Piazza, on se souvient de moments autrement sensationnels - comme Laagan en 2001... Significativement, chaque fois que l’on a douté au cours de ces dix jours, on est allés voir ou revoir un Lubitsch pour retrouver le goût du cinéma…
Le meilleur directeur artistique n’y pourra rien: le cinéma avait quand même une autre gueule autrefois. Parce que les réalisateurs ne sortaient pas d’écoles de cinéma mais de l’école de la vie. Parce qu’ils avaient lu des livres, bourlingué, bu, guerroyé, avant de passer derrière la caméra. Aujourd’hui, ils maîtrisent la grammaire cinématographique, mais n’ont pas grand chose à dire. Il est à parier que le jeune Baran Bo Odar n’a guère lu de livres dans sa vie, mais qu’il s’est gavé de séries télé.
On revoit Runaway Train (1985) d’Andrei Konchalovski, film d’action virile dans lequel deux prisonniers s’évadent d’une prison de haute sécurité en Alaska à bord d’un train fou. Pas d’imagerie générée par ordinateur à l’époque: c’est de la vraie tôle qu’on froisse, du l’acier trempé qui crache des étincelles. Les comédiens ont des gueules que la chirurgie esthétique a épargnées. Et le film, haletant, relève de la métaphysique: le train roulant vers son inexorable destruction est une métaphore de la vie, le prisonnier debout sur le toit de la motrice, bras en croix dans le blizzard, un emblème de la liberté.
Le cinéma de fiction traverse une sérieuse crise d’inspiration. Il devra éteindre la télé et la wii, se remettre à lire et à regarder par la fenêtre s’il veut s’en sortir
Bonjour, bravo pour votre blog, bien fait, joli, interessant... ;-)
Rédigé par : horoscope | 13 septembre 2010 à 18:02
Excellent travail. Tant sur le fond que sur la forme. Un grand bravo à toute votre équipe.
Rédigé par : VOIX SUR IP | 17 septembre 2010 à 12:30
merci pour tout ces informations sa aide bien les gens, pour agrandir leur savoir et bien contre des nouvelle informations.
Rédigé par : voyance gratuite | 17 septembre 2010 à 12:31
voilà qui fait trèèèès trèèèès envie!
Rédigé par : tarot | 17 septembre 2010 à 12:32
Super ce blog plein de bons conseils ! Je l'ai mis dans mes favoris. Bravo pour ce travail
Rédigé par : medium | 17 septembre 2010 à 12:32
Ça a toujours l’air très bon!
Rédigé par : astrologie | 17 septembre 2010 à 12:33
Je veux juste vous dire merci pour les informations que vous avez partagés.
Rédigé par : Tarot divinatoire gratuit | 17 septembre 2010 à 12:34
Je viens de découvrir votre blog. Bravo, il est magnifique, très bien fait, un réel plaisir à s'y promener.
Rédigé par : voyance | 22 décembre 2010 à 14:50
Sincère félicitation pour votre blog, c'est un réel plaisir que de le parcourir. Surtout continuez ainsi. Je vous remercie pour ce magnifique partage.
Bonne continuation !
Rédigé par : Marie ange | 06 janvier 2011 à 15:53
Bonjour ;
il est sympa ; votre blog ! Beaucoup de choses à voir et à savoir… je le mets dans mes favoris, et je reviendrais sûrement.
Rédigé par : Bateau occasion | 06 janvier 2011 à 15:54