Lionel Baier, devant le
PalaVideo à l’issue de la première de Low
Cost (Claude Jutra). Photographié sur un Nokia 3.2 megapixel
A Locarno, les membres du Jury international doivent présenter un film qui montre leur travail (de scénariste, acteur, réalisateur...)
Lionel Baier est membre du Jury international.
Donc Lionel Baier devait présenter un de ses films.
Cette contrainte l’embêtait, parce que les «films déjà faits » sont pleins de défauts et qu’il préfère les films à venir. Avec l’aval d’Oivier Père, il s’est donc lancé un défi: réaliser avec trois francs six sous et son téléphone portable, cet «objet improbable» que tout le mode possède et qui ne sert a priori pas à filmer, ni même à communiquer puisqu’on se contente de l’utiliser pour dire «J’arrive»… Avec quelques amis comédiens, l’inépuisable Lausannois a fait Low Cost (Claude Jutra). Il a envoyé de premières images à Olivier Père le 13 juillet, veille de la conférence de presse du festival, et terminé le montage hier matin, dans sa chambre d’hôtel.
Il espérait présenter son impromptu discrètement: pas de chance, le PalaVideo était plein à craquer. Parce que le talent de Lionel est déjà fameux? En tout cas il a ébloui les spectateurs.
Davantage qu’un manifeste pour le cinéma de demain, Low Cost (Claude Jutra), qui compense ses limites technologiques par une intelligence narrative exceptionnelle, se pose en réflexion enjouée sur l’amour et la mort et s’avère brillant.
L’emploi d’un portable implique forcément un récit à la première personne: David Miller a eu très jeune la révélation de la date de son décès. Refusant la fatalité linéaire de la vie, il l’a bouffée comme un millefeuille. Maintenant, approche l’heure où il va devenir «la somme de tous ses souvenirs» et aussi l’heure «où tout commence». Il retrouve ses amis, amants, parents, il recense ses souvenirs et les brûle. Il se désencombre du superflu. Le film que nous voyons, ce sont les images qui restent de lui dans la carte de son portable.
Aucune œuvre en compétition n’égale en inspiration et originalité cet étincelant «film fait à la main» qui en une heure et à travers des images confinant parfois à l’abstraction allie l’humour et la métaphysique, la satire et la mélancolie, sans oublier l’hommage à Claude Jutra, cinéaste canadien disparu il y a vingt ans. Dans Low Cost, savoir faire un nœud de cravate est donné comme épreuve existentielle, les souvenirs d’une vie prennent la forme de petites madeleines proustiennes étalées sur l’oreiller, on raille tendrement le bonheur gay avec chien perdu et enfant adopté, on ratiocine sur la dévaluation de la vie, on récuse la compassion par pudeur. Et Alphonse, le singe en peluche jaune rescapé des tendres années, est immolé sur le barbecue… Au milieu de toutes ces trouvailles, une scène fantastique parée des charmes de l’enfance brille d’un éclat particulier: David Miller retrouve en rêve une amie suicidée (jouée par la fabuleuse Natacha Koutchoumov, son actrice fétiche). Elle râle qu’on se souvienne toujours d’elle comme une mignonne petite fille, alors qu’elle a été plus complète. Elle parle du choix que l’on doit faire au moment suprême – et que nous découvrirons bien assez tôt.
Au terme d’un festival avare en révélations, au moment où l’on en viendrait à douter du cinéma de fiction, Lionel Baier, tout sourire, Nokia au poing, vient rappeler que l’avenir existe. Il suffit d’avoir des désirs, des idées, des lettres. La technique est accessoire. Comme la leçon semble simple lorsque c’est l’auteur Un Autre Homme qui la donne. Et comme elle est légère…
blog au contenu intéressant bonne continuation
Rédigé par : voyance | 27 octobre 2010 à 14:09
je suis tombe par hasard sur votre blog très intéressant ! Un petit bonjour d’une personne qui vous a toujours apprécié.
Rédigé par : voyance gratuite | 27 octobre 2010 à 14:11
Joli travail ! Et il y a du contenu bravo …
Rédigé par : horoscope | 27 octobre 2010 à 14:11
La confiance et le courage de se préparer et la pratique des.Le courage dont nous disposons à changer.
Rédigé par : chanel replica watches | 15 novembre 2010 à 07:49
Bon, je vais faire tout ça depuis mon bureau actuel à Montreuil, mais ca le fait quand même!
Rédigé par : coach shoes | 17 novembre 2010 à 02:02